BLEFOUTIS LEROS ET MOI…
Je n’ai pas peur de le dire, j’en ai rêvé la nuit de ce petit lopin de terre perdu au bout de monde. Au cours de mes nuits françaises , je me refaisais le trajet pour y aller. Cet air de romarin qui prend les narines en arrivant vers l’aéroport , ces cigales qui commencent à chanter un peu plus fort, la sensation me pénétrait, la journée allait être belle…
Blefoutis Leros et moi…
La rencontre avec ce petit coin avait eu lieu en 1973, un vaste marécage pas vraiment de chemin . Une journée mémorable dans mes haut de mes 8 ans, ces vacances qui m’ont marquées à vie. Entre ces trois avions pour aller de Lyon à Athènes, cette découverte du monde entre Milan , Rome , la tour de Pise. Ces avions majestueux de Alitalia , d’Olympic Airways et tout un avion qui se met à pleurer à gros sanglots quand l’hôtesse annonce que nous venions d’atterrir à Athènes. Mes oreilles de petit bonhomme découvrait aussi que tout le monde ne parlait pas français , la serveuse de Milan Linate m’avait fait découvrir l’italien spaghetti chantant , et me voilà à Glyfada dans un bus en train de sillonner entre les jumbo jet de Olympic Airways. Mais ou suis-je de cette ville tellement différente , tellement raffinée. Évidemment, venir en Grèce à cette époque se méritait , le voyage était long mais palpitant et au bout…
Manolis nous attendait pour nous emmener chez ses parents . Il n’était pas concevable de ne pas offrir l’hospitalité. Alors l’Alfa Roméo coupé bleu nuit dans laquelle il nous fit monter pour nous véhiculer jusqu’au centre d’Athènes avec son volant en bois et ses gants en cuir pour la conduire en plein mois d’Aout. C’est certainement grace à ces détails que l’on garde dans sa mémoire , ses sensations qui font notre histoire. Manolis devient mon idole et à travers les vitres de sa voiture mes yeux virent pour la première fois l’Acropole perchée sur cette montagne. Son papa avait un hotel particulier au pied de l’Acropole dont le nez-de-chaussée était une boutique de souvenir de l’Acropole. Mes yeux arrivaient au niveau de la deuxième étagère de la vitrine des petits evzones. D’un balai d’un revers de la main , toute la vitrine finit un sac et les evzone firent l’imagination de mes jeux dans ma chambre pendant des années. Comme ils voulaient nous accueillir correctement, ils nous prirent la destination de Voula en bout de piste de Glyfada dans une magnifique maison où tout était méticuleusement plus qu’à sa place, étonnamment.
Mon premier repas grec , si je voyais ma maman saliver de tout ce qui arrivait sur la gigantesque table , je ne reconnaissais rien de connu. La sensation que tout avait été préparée avec beaucoup d’amour respirait de la quantité de mets qu’il y avait sur la table. Ma maman était contente de parler son « patois » grec mais nos hôtes apportaient un soin particulier à s’exprimer en français qui était pour eux la langue noble, un français parfait. Tout était brillant , tout était différent , le parc avait une végétation avec des arbres et des plantes que je découvrais. Puis un bruit assourdissant pris de l’ampleur pour finir dans un vacarme inimaginable , je levais les yeux et qu’elle ne fut pas ma surprise de voir tous B-52 Strato forteresse avec leur envergure inconcevable , leurs hauts moteurs à très faible altitude . Il y a des jours où les yeux d’un enfant découvre le monde à pleine rétine et quelle fut cette journée ! Mais ce n’était qu’un début…
Je pourrais aussi parler des jours suivants avec ma visite à l’Acropole , au musée archéologique, des rues d’Athènes, de la relève de la garde des évzones. De cette ville cosmopolite d’influence américaine avec le raffinement de la culture française. Mais le voyage n’était pas terminé et Manolis nous emmena dans son Alfa Roméo , la mer se rapprochait puis des petites rues nous quittions Athènes Ste ma maman chantait les enfants du pire un petit tremolo dans la voix. Au détour d’un pavé d maison , voilà le port avec ses nombreux gros bateaux comme je n’en avais jamais vu ni par la taille , ni par le nombre. Une atmosphère dans ce port , quand Manolis nous laissa à un bar pas trop loin du quai de départ devant un immense bateau pour mes 8 ans : le Mimika. Tout autour changement de décor . Des vendeurs avec des charrettes qui vendent absolument tout , une frénésie de gens arrivant avec des valises avec le ballet de taxis jaunes, l’atmosphère changeait dès le quai ver quelque chose de plus oriental.
Je n’ai pas de souvenir que l’on m’ait vraiment expliqué où nous allions comment nous irions. Mon oncle et ses amis nous rejoindront avant de monter sur le bateau . Heureusement nous avions les meilleures places sur le bateau : la troisième classe sur le pont tout en haut du bateau ! Alors le bateau quitta le port vers midi , une sensation unique devant l’horizon de la mer de partir vers une vraie destination inconnue Nous étions les seuls dix étrangers pour cette traversée apocalyptique. Nous étions quatre enfants et après quelques heures de traversée avec beaucoup de mer , tous les parents étaient blancs du roulis incessant du bateau. Bonne nouvelle je n’ai jamais plus connu un voyage en bateau aussi animé mais une certitude je n’aurais jamais le mal de mer . Le voyage était un peu long et monotone , nous voyions de temps en temps un peu une ile au loin mais rien d’autre. Et la nuit qui arrive , les feux du bateau qui s’allument , le roulis qui continue mais où donc allons-nous ? Le sommeil me vint sur ce banc dans une couverture , ma première nuit à la belle étoile…
Réveilles-toi Didier nous sommes arrivés ! Le bateau est effectivement arrêté au beau milieu de la nuit, et surtout au beau milieu d’une baie ! Aucun quai , aucun port , seulement des lumières au loin… En me pensant par le bastingage , je vois qu’on est en train de mettre une voiture sur une barque pour la descendre à terre !! Moi je ne veux pas descendre ! Mais ou suis-je ?
Ainsi je suis arrivé avec toutes ces sensations , à Leros pour la première fois ! J’allais passé des vacances magiques à Pandeli puisqu’il n’y avait pas grand chose d’autre avec la seule taverne du père d’Apostoli , ses bateaux de pêcheurs et je ne me souviens pas d’avoir manger autre chose que des frites et des glaces entre deux sauts dans l’eau ! Les vacances d’un enfant sauvage qui grommelait pour aller le soir manger des souvlakis chez Manolis à Platanos. Toute la place humait de l’odeur magique de ces grillades, que c’est bon !!!! Le goût me hante encore…
Puis un jour l’excursion des vacances , tous entassés dans deux voitures, en fait des fumoirs ambulants nous voilà partis pour le bout du monde , cet endroit que me marquerait de son empreinte… Après une demi-heure nous y voilà , il n’y a rien. Le chemin de terre nous mène à un marécage où nous tournerons des morceaux d’amphores cassées . Qui resteront dans le patrimoine de la famille pendant des années comme les amphores de Blefoutis. Eh oui nous y voilà dans cette baie magique avec aucune construction , avec aucun habitant mais une atmosphère unique où l’on se sent bien.
Une magie d’environnement ….
Pendant des années je suis retourné à Leros parce qu’il y avait Blefoutis . Pour faire ce trajet rêvé dans ma réalité , s’arrêter dans la petite descente et regarder de manière contemplative la magie de de la baie , de ces eaux turquoises , de ces chèvres. Et de repérer ce qui avait changé à chaque fois ou plutôt ce qui n’avait pas changé. Les touristes de Blefoutis n’étaient pas les mêmes que ceux de Leros . Il y avait les adeptes de Blefoutis , on se saluait comme on se reconnaissait d’avoir cet amour pour l’endroit. Seules les enfants qui jouaient faisaient du bruit dans leurs éclats de rire de leurs jeux qui se terminaient à la nuit. Les tamaris étaient les meilleurs parasols au monde de leur fraicheur.
Puis il était l’heure d’aller à la taverne déguster des calamars pêchés tout frais ou les plats traditionnels qui préparaient à une sieste magistrale. J’ai lu un nombre incalculable de livres sous les tamaris , je prévoyait même mes lectures en achetant un livre en France en me disant celui-là c’es pour Blefoutis.. J’y ai découvert , appris des choses qui m’imprègnent encore aujourd’hui. C’était un feu d’artifice de sensations entre la spiritualité d’un endroit et le contenu d’une connaissance. Je crois que je me suis toujours souvenu ce que j’avais appris à Blefoutis..
Bien sur puisque c’est le sens du monde, tout évolue . A commencer par la taverne ! Pas toujours de manière bien heureuse mais c’était fait à la grecque ! Pas toujours adroit et toujours l’effet Blefoutis reprenait le dessus et conservait l’ambiance magique la baie…. De-ci delà une nouvelle maison bien traditionnelle grecque permettait de faire l’actualité d’une année à l’autre..Nous avons passé des étés entiers à Blefoutis en déjeunant à la taverne du premier au dernier jour de la saison comme à faire partie des murs de manière un peu ridicule . Nous y avons rencontré plein de gens qui nous ressemblaient , nous avons fait de certaines rencontres des amitiés pleine de tendresse.
A Blefoutis tu ne parait pas , tu es ou tu n’es pas !!! Un vrai endroit de vérité qui est devenu au fur et à mesure des années récentes un véritable sanctuaire écologique pour l’ile ! On y voyait dans cette nature des choses que nos yeux ne voyaient plus; Eleftheri qui amenait son troupeau de chèvres , le grand cheval noir qui venait se baigner le soir,… Un véritable diamant pour Leros surtout avec un eco tourisme qui attire la plus belle des clientèles . Blefoutis était une chance pour Leros , en quelques années et pour quelques intérêts purement financiers tout est massacré aujourd’hui et malheureusement ce n’est qu’un début ! Les cons n’ont pas de limites c’est même à cela qu’on les reconnaît !!
Le temps de la spéculation
A une poignée de spéculateurs , ils ont entrepris de tout abîmer ! Que la baie ne puisse pas rester comme cela pendant des années étaient une évidence mais au moins ils auraient pu construire des belles choses , d’avoir l’exigence traditionnelle et d faire une sorte de cohérence architecturale pour rendre les choses moins atroces que ce qui est fait aujourd’hui ! Dire qu’il y a des structures dont le rôle est de faire respecter le style architectural de Leros. Pas une maison n’a la même couleur, les styles disparatres ! Les balivernes ont été répandu dans la population locale pour faire croire que ces bâtiments étaient destinés à des familles qui avaient plusieurs enfants !
Mensonge ce ne sont que des camps de touristes de bas étage sans aucune classe ! Attention si cela est trop moche cela peut aussi ne pas plaire aux touristes , le bon goût ne s’achète pas et pour l’instant tout est raté c’est une évidence ! Que les spéculateurs étrangers veuillent s’emparer de Blefoutis comme des vautours qui ne font cela que pour de l’argent , cela peut se comprendre en 2026 puisque c’est ce qui fait tourner le monde ! Cela pourrait toutefois pas durer…
Par contre qu’ils l’aient fait avec la complicité bienveillante de locaux qui par ailleurs clament leur amour pour l’île est pour moi une énigme ! Quel est l’avenir de leur famille , quel est l’avenir de la population de Leros , quel est leur propre avenir sur l’île ? Certes les poches sont assurément pleines , d’argent facile . Aurait-il été difficile d’imposer aussi des projets intelligents pour l’ile , pour ses habitants plutôt que de se laisser acheter si facilement ? Mais après des siècles d’occupation et de domination étrangère, Leros va entrer dans une nouvelle soumission encore plus sournoise , celle de l’argent ! Regardez la tête de ceux qui investissent à Leros comme ils semblent épanouis, heureux de la vie , toujours en manque d’en gagner encore un peu plus sans autre but …Ce sont eux qui feront demain le tempo de la vie de Leros et personne d’autres…Cela est partout pareil quand on sombre dans la spéculation . L’histoire laissera des traces impitoyables !!
Quelques nababs qui ne savent plus quoi faire de leurs frics se sont emparés de la baie pour en faire leurs jouets pendant quelques temps puis la rejetteront car ce trop plein de fric ne fait jamais rien aimer..Je les ai croisé toute ma vie ces gens-là
Vous n’avez même pas été capables d’embellir Blefoutis , vous l’avez abimé à jamais mais une seule chose me rassurer vous dépenserez tout le pognon du monde que vous n’aurez rien de la magie de Blefoutis. La baie est devenue sans charme et vous ne la retrouverez jamais…Et vous repartirez quand vous aurez cassé votre jouet. Attention la roue tourne toujours et la nature offre d’espiègles retours de bâton…
En 2026, je m’en suis parfois voulu de ne plus penser à aller à Blefoutis, mais elle restera dans mes souvenirs , dans mon coeur…
Le sabotage humain …
Au moins les constructions auraient-elles pu être belles , raffinées…
PUISQU’IL N’Y A QUE LA VERITE QUI FACHE…
Arrestation et effacement de mes images de drones
En février 2025 , suite à un vol à Blefoutis malgré ma licence de pilote professionnel , mon assurance , mon respect de toutes les zones de vol , j’ai été dénoncé (de manière complètement assumée) pour être arrêté. Mes images ont été effacé de manière assez brutale et autoritaire…

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